L’Agenda 2063 de l’Union Africaine : perspectives et challenges

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Agenda 2063 de l’Union africaine : Obstacles et perspectives pour le Soudan – Évènement parallèle à la 40ème session du Conseil des Droits de l’Homme (2019).

Pour CD4Peace et son engagement en faveur du Développement Durable, l’événement parallèle à la 40ème Session du Conseil des Droits de l’Homme organisé par la Fondation Maarij pour la Paix et le Développement était tout à fait intéressant. Malheureusement, cet événement axé sur la voie à suivre pour le Soudan dans la réalisation de l’Agenda 2063 présenté par l’Union Africaine, s’est déroulé dans une salle presque vide et n’a pas abordé certains des thèmes majeurs du Développement Durable repris dans l’Agenda 2063. En effet, ayant à peine évoqué le Développement Durable, cet évènement montre clairement que pour de nombreux décideurs politiques, la création d’une société équitable n’est pas considérée comme une étape cruciale de la construction de la paix. C’est précisément cette lacune que CD4Peace espère pouvoir combler un jour, en informant ces décideurs politiques qu’assurer une diversité culturelle et un développement durable permet de construire des sociétés plus pacifiques.

Cette conversation pris place à la suite de fortes manifestations qui se sont déroulées au Soudan au cours des mois de Janvier et Février. Le premier intervenant, M. Elligai, a présenté l’Agenda 2063 en le définissant comme plus important que l’Agenda 2030 des Nations Unies. En effet, il représente le cadre stratégique à travers lequel la transformation sociale et économique de l’Afrique se déroulera au cours des 50 prochaines années. Il vise à accélérer la mise en œuvre des initiatives passées et futures en faveur du Développement Durable, montrant que les dirigeants de l’Union Africaine accordent clairement la priorité à l’importance du développement durable pour leurs ambitions à long terme.

Cependant, la mise en œuvre effective de l’Agenda 2063 est confrontée à plusieurs défis. Le cas du Soudan revêt un intérêt particulier, car la guerre et la violence qui se sont propagées dans tout le pays constituent des obstacles à la transformation de l’Afrique. Pour le Dr. Mujahid Ibrahim, l’ambition de l’intervention occidentale était de détruire le «grenier» de l’Afrique. C’est en effet le principal facteur de famine dans la région, nuisant à son potentiel en général. Ce qui avait commencé comme une simple mission humanitaire a évolué vers l’ambition de l’indépendance du Sud-Soudan.
Cependant, l’un des messages clairs de cet évènement fut l’appel de la communauté soudanaise à mettre fin à l’intervention négative de la communauté internationale dans ses affaires internes. La paix et la stabilité politique doivent venir du peuple soudanais lui-même.

De plus, M. Abdulkareem conclut cet événement en abordant la situation des droits de l’Homme au Soudan, d’un point de vue juridique et réglementaire. Il a dénoncé le recours massif à la violence de la part des policiers et des manifestants, tout en exigeant que tous ceux qui participaient à de tels actes soient tenus pour responsables. En outre, malgré l’existence de plusieurs législations sur les droits de l’Homme dans le pays, l’État doit encore engager des réformes juridiques. En ce sens, les recommandations de l’EPU de 2011 constituent un bon point de départ afin de mettre en œuvre efficacement les initiatives de l’Agenda 2063.

En résumé, réaliser l’Agenda 2063 de l’Union Africaine constituer un véritable défi, en particulier au sein des pays africains déstabilisés et confrontés à de nombreux obstacles, tels que le Soudan. Par conséquent, la communauté internationale doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour encourager et soutenir le changement dans ces pays afin de parvenir à un développement durable, crucial pour notre avenir, au lieu de l’inhiber. Enfin, de tels événements démontrent la nécessité d’avoir des organisations telles que CD4Peace, afin de proposer des solutions à long terme pour améliorer les conditions sociales dans des pays comme le Soudan.